MICHEL ROCARD, MA GAUCHE

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Ce jeudi, je participerai aux Invalides à l’hommage national qui sera rendu à Michel Rocard. Depuis toujours ou presque, il comptait au premier rang de mon Panthéon personnel.

Michel m’a donné l’envie de m’engager non pas en politique au sens d’une carrière mais pour agir et produire effets tangibles dans nos vies. Il donnait à la politique une exigence morale, intellectuelle et technique qui nous ancrait dans le réel tout en nous tournant vers un avenir fait de progrès pour tous. C’est la politique au meilleur sens, celle du devoir de réussir pas celle du ministère de la parole. Au frisson du grand soir qui ne vient jamais, nous préférons les grandes avancées qui durent et changent la vie.

Mon engagement de militant politique a débuté à Forum, club des jeunes rocardiens. Bien plus que le PS où je n’ai finalement adhéré que 2 ans plus tard, Forum était le prolongement naturel de mes engagements associatifs locaux, à Doué la Fontaine et à Angers. La gauche de Michel Rocard en effet, c’est celle qui ne confie pas tout à l’Etat mais qui fait confiance et stimule la société civile pour qu’elle dialogue, agisse, trouve en elle des solutions et s’organise. C’est la gauche décentralisatrice, éprise de libertés individuelles et collectives.

Jusqu’à la fin de ses jours Michel Rocard a exercé ce regard exigeant sur la France, l’Europe, le monde. Un regard à 360° qui liait toutes les dimensions de nos vies complexes : l’écologie, le politique, le progrès social, la performance économique, la liberté. Loin des petites phrases, il ouvrait encore dans ses derniers entretiens des perspectives fondamentales et neuves sur le partage du travail, le réchauffement climatique, le déblocage de la société… J’avais encore eu récemment l’occasion de profiter de sa clairvoyance et de ses analyses lors d’un déjeuner passionnant, comme ils l’étaient à chaque fois depuis presque 25 ans.

Les Français aimaient Michel Rocard malgré les attaques qu’il subissait de ses propres camarades (ce mot qu’il aimait tant, envers et contre tous). Ils lui faisaient confiance parce qu’il leur disait la vérité et ne les prenait pas pour des idiots.

Écouter ou lire Michel Rocard, c’était à chaque fois l’assurance d’en sortir transformé, de se sentir plus armé et plus intelligent.

Le rocardisme, ce n’est pas une écurie présidentielle, c’est une école de la vie publique.

La référence à Michel Rocard durera, nous serons nombreux à entretenir la flamme des idées.

Luc BELOT

Militant Socialiste, Rocardien.

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