Fête de l’élevage à Tiercé: “Nous devons freiner la multiplication des normes”

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J’ai eu le plaisir de participer, samedi 19 septembre, à la Fête de l’élevage organisée par les comices des cantons de Tiercé et Châteauneuf-sur-sarthe. Je vous propose ici de retrouver le discours que j’ai prononcé à cette occasion :

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« Nous devons freiner la multiplication des normes »

Le monde agricole exprime de réelles inquiétudes face à son avenir.

Depuis que je suis arrivé à cette nouvelle édition du comice agricole de Châteauneuf-sur-Sarthe et de Tiercé, vous avez été nombreux à être surpris par ma présence au regard du contexte et de la situation que bon nombre d’entre vous vivez.

Toute la semaine, certains m’ont dissuadé de venir participer à votre comice. Ce n’est pas ma définition de la fonction d’élu !

Depuis que je suis député de la 1ère circonscription du Maine-et-Loire, j’ai participé à toutes les éditions du comice et il n’est pas dans mes habitudes de fuir mes responsabilités y compris et surtout dans la difficulté. Le rôle d’un élu n’est pas de se satisfaire de ce qui fonctionne mais bien d’améliorer, d’accompagner les secteurs, les filières, la population sur toutes les situations de blocages qui existent. C’est le sens du travail, de la méthode que nous menons avec André Marchand, député suppléant, sur tout le territoire.

Nous entendons votre colère, nous mesurons les doutes que vous nous exprimez régulièrement sur la pérennité de vos exploitations, et de l’avenir de votre profession. Nous faisons aussi régulièrement le tour des exploitations agricoles avec André Marchand.

Voici le principal message que je veux vous adresser aujourd’hui : la France ne lâchera pas ses agriculteurs, vous avez notre soutien. L’Etat est mobilisé pour vous, agriculteurs, éleveurs, producteurs. La mobilisation, c’est celle de l’Etat qui apporte aujourd’hui des solutions d’urgence complémentaires indispensables qui devront se conjuguer par des perspectives à plus long terme. Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, a parlé de « valse à 3 temps », je me retrouve dans cet état esprit : il faut agir de façon cohérente à différents niveaux.

Nous avons décidé d’aller plus loin en renforçant ce plan de soutien indispensable. La France est le seul pays européen à avoir mis en place un plan de soutien à l’élevage en juillet dernier.

L’urgence est d’augmenter les crédits d’urgence annoncés en juillet 2015 puisque ces prises en charge des intérêts d’emprunt s’élèveront à 100 millions et celles des cotisations sociales seront triplées pour atteindre 50 millions. Il faut répondre immédiatement à cette situation en aidant les éleveurs qui font face aux situations les plus difficiles et en ayant une attention toute particulière pour les jeunes agriculteurs et les petites et moyennes exploitations majoritaires sur notre territoire.

Les charges des agriculteurs doivent également être réduites : alignement de la cotisation minimum maladie sur le régime des indépendants ; ouverture d’un chantier pour que la fiscalité agricole prenne mieux en compte la volatilité des prix agricoles et favorise l’installation des jeunes agriculteurs.

Voici les six axes prioritaires du plan de soutien à l’élevage :

  • le redressement des prix payés aux éleveurs,
  • la restructuration de la dette,
  • les allègements et les reports de charges,
  • le développement de la contractualisation dans les filières,
  • les actions pour développer les débouchés à l’exportation,
  • l’amélioration de la compétitivité des filières.

J’ai aussi entendu vos inquiétudes face à la multiplication des normes. Vos demandes sont légitimes et justes. Si je peux les résumer ainsi : « des meilleurs prix et moins de normes ».

Plusieurs dispositions ont ainsi été prises et annoncées par le Ministre de l’agriculture et le Premier ministre :

  • En décembre 2014, la mise en place d’un plan national pour favoriser la production locale dans les cantine scolaires. Sur notre territoire, nous pouvons citer déjà plusieurs exemples de communes qui priorise la production locale : Juvardeil (viande) ; Contigné (légumes) ou Angers avec l’initiative de l’Eparc dont j’ai été le président pendant de 2008 à 2014.
  • En septembre 2015, Manuel Valls a annoncé une pause des normes jusqu’en février 2016, afin que soit ensuite proposé une nouvelle méthode qui associera les professionnels agricoles
  • L’objectif est bien la simplification des règles.
  • Pour répondre aux charges trop lourdes, une année blanche sera proposée aux éleveurs qui le demanderont. C’est un effort supplémentaire de l’Etat à travers le fonds d’allégement des charges.

Pour ma part je vous donne deux rendez-vous :

  • Un premier rendez-vous en décembre afin d’échanger sur la loi de finances 2016
  • Un second rendez-vous au 1er trimestre 2016 afin de travailler à la limitation de l’impact des normes sur votre travail.

Nous sommes bien conscients des difficultés que vous rencontrez au quotidien, nous continuerons à défendre nos filières d’excellence agricole et les 4 500 exploitants agricoles de Maine-et-Loire.

Les résultats ne sont pas encore suffisants mais nous avançons et nous devons continuer à avancer, avec vous, les élus locaux.

Je salue au passage Monsieur Jean- Marc Lezé, en sa qualité de président de la FDSEA 49, avec qui nous avons une démarche de dialogue constructive.

Enfin je voulais terminer par féliciter les jeunes agriculteurs, qui s’engagent pour nos territoires. Vous êtes l’avenir de l’agriculture française.

 

Photo: visite de la ferme La Gandonnière – Juvardeil – juin 2015

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